concert | Ils étaient 9000 mardi à Genève, autant hier: la «Johnnymania» n’est pas près de cesser.

© steeve iuncker gomez | Johnny Hallyday. S’il a fait le plein deux soirs de suite à l’Arena, le chanteur, 66 ans cette année, connaît de nombreux problème de santé et la fatigue est bien visible.
Et de trois! Trois concerts de Johnny Hallyday à Genève en une année, les deux derniers hier et avant-hier dans une Arena bondée. Ambiance mardi soir.
«Je vais vous parler d’une fille…» Réponse instantanée du public: «Gabrielle!» On poursuit avec L’amour enchaîné. Sur les écrans, quatre femmes, jeunes, sensuelles. Et enchaînées. Au propre. Disponibles, pour tout dire.
Johnny a mis sa guitare en bandoulière. Play-back, pas play-back, qu’importe. Ça ne s’entendra pas. En 2009, l’ex-idole des jeunes n’a pas remisé la pose rock’n’roll qui envoyait Elvis sur scène avec une Gibson débranchée. Juste pour le style. Juste pour ce petit mouvement sec des épaules, prétexte idéal pour lancer un «yeah» viril. Avec d’autant plus d’assurance que tout était vendu d’avance, 9000 billets chaque soir.
Le rock est une légende, pas toujours glorieuse (on songe à la hernie discale dont souffre le chanteur, opéré prochainement). La légende, Johnny y participe toujours.
Blue Suede Shoes. Retour aux sixties. La transition vers le set «acoustique» se résume à un rassemblement bâclé vers le milieu de la scène. Rien à voir avec le service des précédents concerts. Si le programme est le même qu’au Stade de Genève en juillet, tout est plus court.
Johnny, un rocker? Figurez vous que… «C’est de la chanson, constate cette quadragénaire en jeans noirs et blouson. S’il n’y avait pas les textes, je ne serais pas venue.» Elle était au Stade de Genève. Le 7 février à l’Arena, elle reviendra, pour sûr.
Clap de fin, environ 22 heures 30. Bon service. A la sortie, ça bouchonne. On commente la soirée. Avec l’accent valaisan par exemple: «Johnny, y balance sa bouteille dans le public, ma mère se la prend dans la gueule et c’est ma sœur qui l’attrape, eh!» Fameux.
Quoi d’autre? Beaucoup de fans, de tous bords, de tout poil. Tout pâle, tout perdu, celui-là serre son poster du chanteur comme d’autres leur doudou pour conjurer la peur de la nuit. Celui-ci, bien qu’esseulé, est venu parce qu’un concert de Hallyday vaut bien la promesse de cent minijupes. Et tous les autres, enfin, que l’on dénomme Monsieur-Madame, toute la collection des disques à la maison ou pas loin, heureux de retrouver l’idole de leurs 20 ans, heureux de vivre en 88 décibels leur nostalgie de tous les jours, celle qui la fait pleurer sur Marie tandis que lui rêve d’aventures grandioses en fredonnant L’envie.
les commentaires laissés par les amis: